Les ambulanciers m'ont ramené hier soir chez moi. J'ai quitté le service, je pense, vers 20h.Tu l'imagines, plutôt heureuse à l'idée de rentrer chez moi et de retrouver ma famille.
J'ai donc emballée toutes mes affaires, je suis montée sur le brancard et les brancardiers ont commencés à pousser.
Avant de partir, je suis allé dire au revoir à l'équipe soignante du soir. Je n'aurais pas imaginé que ce serait dur de leur dire au revoir, je n'aurais pas imaginer me mettre pleurer en leur disant que c'était l'heure pour moi de rentrer, je n'aurais pas imaginer qu'elles avaient pris une si grande place dans mon quotidien.
M'éloigner doucement d'elles, leur faire signe de la main plusieurs fois, entendre leurs mots de soutiens, leurs mots me souhaitant le meilleur, les regarder et ne pas réussir à sécher mes larmes.
"Finalement on pleure en arrivant et on pleure en repartant!" (Je n'aurais pas cru le vivre)
Sur la route du retour, j'ai repris doucement mes esprits, pour finalement m'endormir un peu, pressée et angoissée à la fois de rentrer.
Beaucoup de questions me taraudent. Comment vais-je gérer la douleur? Comment je vais faire pour que MiniMinounette ne subisse pas trop ma fatigue? Va-t-elle reprendre l'allaitement comme avant? Est-ce que je suis guérie? Est-ce que je vais réussir à dormir à la maison?
C'est vers 21h que je passe le pas de la porte, épuisée par le voyage et la montée des marches, je me jettes au sol où MiniMinounette vient me sauter dans les bras. Elle rit, elle est heureuse, je le vois, le chien me fait une fête d'enfer et MiniMinounette se marre, "oh Vanille bisous, câlins, maman"! et puis elle me serre le cou avec ses bras et me dit, "maman t'aime fort fort fort".
Je retrouve mon PoiluChéri, je suis si émue et si épuisée à la fois.
La demi-heure de retrouvailles et d’excitation passée, MiniMinounette me montre tous les progrets qu'elle a fait. Je découvre la vie qu'elle a eu avec son papa pendant 15 jours, leurs nouvelles habitudes, leur nouveau rythme, leur nouvelle façon de communiquer. Je suis très fière, elle a encore beaucoup grandie. Mais je me sens comme un peu étrangère à cette nouvelle vie. Je me dis que ça va passer, le retour de l'hôpital est toujours particulier.
La soirée continue d'avancer. MiniMinounette me demande à téter. La joie emplie mon petit coeur de maman, elle veut donc reprendre l'allaitement, quel bonheur pour moi. Elle choisi donc le sein qu'elle a envie et commence sa tétée. Je sens bien que ce n'est pas l'abondance, mais elle en profite tout de même. Elle me dit que c'est "licieux", que c'est "un régale", "bon lait maman goût colat". Puis très rapidement elle me demande l'autre sein. Elle sourit, rit, me fait des bisous, attrape mon sein, me répète que c'est bon et qu'elle m'aime. Merveilleux moment de retrouvailles que j’attends depuis plus de 15 jours.
L'heure du coucher est là. Comme beaucoup d'enfants qui viennent de vivre une importante émotion, MiniMinounette fait plus que trainer le moment de se coucher.. Mais elle finit par s'endormir à mon sein dans mes bras. Il me reste à moi maintenant de trouver le sommeil.
Je me sens comme un peu perdue dans notre chénou.
Le rythme de l'hôpital m'apportait la sécurité et les repères qui me permettaient d'être très sécurisé. Et si cette nuit je me réveillais avec une grosse douleur, je n'ai plus le bouton rouge pour appeler l'infirmière. Elle ne va pas venir voir si je vais bien cette nuit. Et si je ne vais pas bien?
Finalement, j'ai dormi, ni bien, ni mal. MiniMinounette s'est levée pour allé à la crèche et a pu téter avant de partir, elle m'a d'ailleurs fait rire en tétant à un sein pour très vite me dire, "l'autre maman", "marche pu", je suppose que le lait ne devait pas couler comme elle le souhaitait!
Mais à mon réveil à moi, je me sens perdue. Quinze jours d'habitudes quotidiennes attachées à des horaires sont vraiment ancrées en moi. Je me sens un peu seule. Je dois me faire mon petit déj, préparer mes médocs, passer la journée seule. Rien d'insurmontable, mais je ne sais plus par où commencer. Je n'ai pas plus de douleurs qu'à l'hôpital, mais je les vis différemment.
Qui auraient pu croire que mes blouses blanches me manquent? A cette heure, j'aurais déjeuné, j'aurais pris ma douche, elle auraient fait ma chambre et je serais certainement entrain de faire une sieste en attendant la visite des médecins...
Quelle contradiction de vouloir tant quitter un endroit pour s’apercevoir ensuite qu'il peut manquer d'une façon tellement particulière qu'on pourrait limite avoir envie d'y retourner...









